Beauxcomme dans le ciel ou chez un lapidaire Ils brûleront pour nous d’un feu triste ou joyeux. Les uns joyaux volés de leur écrin vivant Jetteront dans mon coeur leurs durs reflets de pierre Comme au jour où sertis, scellés dans la paupière Ils luisaient d’un éclat précieux et décevant. D’autres doux feux ravis encor par Prométhée Étincelle d’amour qui brillait dans Toique nous voyons luire entre le ciel et l'onde, Lampe d'Héro, ne t'éteins pas ! La lampe d'Héro Poèmes de Louise Ackermann Citations de Louise Ackermann Plus sur ce poème | Voter pour ce poème | 166 votes Endymion s'endort sur le mont solitaire, Lui que Phœbé la nuit visite avec mystère, Qu'elle adore en secret, un enfant, un pasteur. Il est timide et fier, Jecomptais les étoiles Pour dénombrer les hommes Mille étoiles scintillant Dans la nuit de mes ages . Une étoile est mon double La seconde mon amou Les trois autres me sont semblables Ainsi que lesvingt Les quarante mille étoiles Toutes de misère Scintillant dans le ciel. Je m'égarais dans les nues Sous les lueurs d'une étoile Àpartir du système de 40 Eridani, à une distance de 16 années-lumière, le Soleil aurait l'air d'une étoile moyenne d'une magnitude apparente d'environ 3,3 dans la constellation de la Historienset théologiens ont déjà signalé l’importance de la production poétique de Jean Gerson et de son poème épique la Josephina (1414-1417) en particulier. La discussion à ce sujet a été souvent tiraillée entre la volonté de voir chez Gerson tantôt un représentant du mysticisme médiéval, tantôt un proto-humaniste. Cet article s’intéresse à un autre aspect Unecharogne. Charles Baudelaire. Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été si doux: Au détour d’un sentier une charogne infâme. Sur un lit semé de cailloux, Le ventre en l’air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique. 9Ggao. Tombez, ô perles dénouées, Pâles étoiles, dans la mer. Un brouillard de roses nuées Émerge de l’horizon clair ; À l’Orient plein d’étincelles Le vent joyeux bat de ses ailes L’onde que brode un vif éclair. Tombez, ô perles immortelles, Pâles étoiles, dans la mer. Plongez sous les écumes fraîches De l’Océan mystérieux. La lumière crible de flèches Le faîte des monts radieux, Mille et mille cris, par fusées, Sortent des bois lourds de rosées ; Une musique vole aux cieux. Plongez, de larmes arrosées, Dans l’Océan mystérieux. Fuyez, astres mélancoliques, Ô Paradis lointains encor ! L’aurore aux lèvres métalliques Rit dans le ciel et prend l’essor ; Elle se vêt de molles flammes, Et sur l’émeraude des lames Fait pétiller des gouttes d’or. Fuyez, mondes où vont les âmes, Ô Paradis lointains encor ! Allez, étoiles, aux nuits douces, Aux cieux muets de l’Occident. Sur les feuillages et les mousses Le soleil darde un oeil ardent ; Les cerfs, par bonds, dans les vallées, Se baignent aux sources troublées, Le bruit des hommes va grondant. Allez, ô blanches exilées, Aux cieux muets de l’Occident. Heureux qui vous suit, clartés mornes, Ô lampes qui versez l’oubli ! Comme vous, dans l’ombre sans bornes, Heureux qui roule enseveli ! Celui-là vers la paix s’élance Haine, amour, larmes, violence, Ce qui fut l’homme est aboli. Donnez-nous l’éternel silence, Ô lampes qui versez l’oubli ! Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ». La Parole en archipelPour qui s’engage patiemment et sans arrière-pensée dans la lecture approfondie de l’œuvre de René Char, le voyage en vaut la peine. À l’image de son auteur, qui fut un grand résistant, on est devant une poésie qui résiste, qui se conquiert et se gagne, comme une Terre Promise à qui veut la l’un de ses poèmes les plus connus, Le requin et la mouette 1947, Char écrit Hier, le requin et la mouette ne communiquaient pas ». Mais pour lui, la poésie a tous les pouvoirs, même celui de permettre la communication entre le requin et la mouette. Sa poésie a l’audace de tous les raccourcis. Elle tient de l’éclair. Elle a la splendeur de l’étoile Char est né en 1907, dans le Vaucluse, à l’Isle-sur-la-Sorgue, dont son père était le maire. Après des études secondaires en Avignon, une jeunesse agitée et révoltée, une école de commerce à Marseille, il monte à Paris, rejoindre Éluard, auquel il sera lié par une fidèle 1929, il adhère au groupe surréaliste. Avec Éluard et Breton, il écrit Ralentir travaux 1930 et fonde avec eux le surréalisme au service de la révolution ». Mais dès 1934, il s’éloigne du groupe, publiant Le Marteau sans maître. La même année il découvre l’œuvre du peintre Georges de La en Alsace en 1939, il regagne le Vaucluse après la déroute de 1940. En 1941, il entre dans la Résistance. Sous le nom d’Alexandre, il dirige le réseau Action, dans le secteur de la Durance, où il rassemble des munitions, organise des parachutages et des sabotages. Volontairement, au cours de la guerre il ne publie rien, mais rédige un carnet de notes, où il consigne ses réflexions sur sa vie de résistant, et qu’il publie en 1946, sous le titre Feuillets d’Hypnos, dont voici le fragment 178 La reproduction en couleurs du Prisonnier de Georges de La Tour que j’ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble, avec le temps, réfléchir son sens de notre condition. Elle serre le cœur mais combien désaltère ! Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n’ait, passant la porte, brûlé ses yeux aux preuves de cette chandelle. La femme explique, l’emmuré écoute. Les mots qui tombent de cette terrestre silhouette d’ange rouge sont des mots essentiels, des mots qui portent immédiatement secours. Au fond du cachot, les minutes de soif de la clarté tirent et diluent les traits de l’homme assis. Sa maigreur d’ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L’écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le Verbe de la femme donne naissance à l’inespéré mieux que n’importe quelle à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d’êtres Feuillets d'Hypnos, © La Pléiade, la Libération, ayant renoncé à toute carrière politique, il fait paraître deux recueils, qui établissent sa renommée, Seuls demeurent 1945 et Le poème pulvérisé 1947, bientôt réunis sous le titre Fureur et mystère 1948. Puis il publie Les Matinaux 1950, Recherche de la base et du sommet 1955, La Parole en archipel 1962. En souhaitant faire jouer à Avignon une pièce de théâtre qu'il venait d'écrire et en mettant en relation ses amis Christian et Yvonne Zervos et Jean Vilar, il est à l'origine, en 1947, du premier Festival de théâtre d'Avignon. En 1965, il organise une campagne de manifestations contre l’installation de fusées atomiques sur le plateau d’Albion, en Haute-Provence. En mai 1968, une hémorragie cérébrale le frappe gravement ; mais par bonheur il peut continuer d’écrire et publie Le nu perdu 1971 et Aromates chasseurs 1976. En 1978, il quitte Paris, pour regagner l’Isle-sur-la-Sorgue. La même année, il subit un grave accident cardiaque L’homme se défait aussi sûrement qu’il fut jadis composé. La roue du destin tourne à l’envers et ses dents nous déchiquettent », 1982, le musée René Char est inauguré à l’Isle-sur-la-Sorgue. En 1983, ses œuvres complètes sont publiées dans La Pléiade. Il rend un ultime hommage à sa région natale avec Les Voisinages de Van Gogh 1985, tandis qu’un nouvel accident cardiaque le frappe. Il meurt le 19 février 1988, avant la publication de son dernier recueil, Éloge d’une vie durant il se lia d’amitié avec de nombreux artistes, ses alliés substantiels, comme il les appelle, parmi lesquels Camus, Braque, Nicolas de Staël, Picasso, Miro, Vieira da Silva… et Pierre Boulez qui composa trois Cantates sur ses René Char, tout commence dans l’allégresse d’un matin, à l’instant du premier bonheur sensible, de l’éveil, du jaillissement J’ai pesé de tout mon désir / Sur ta beauté matinale / Pour qu’elle éclate et se sauve ». Sa poésie est celle d’un homme toujours en mouvement, énergique, impatient. Elle bondit, jaillissant avec force, rapidité et violence. Une écriture fulgurante, souvent concise comme l’éclair. D’ailleurs il se définit lui-même, dans Le poème pulvérisé, comme un saxifrage éclaté », un briseur de rochers, un insurgé dont la poésie recèle une puissance explosive, une énergie disloquante, libératrice, capable de faire voler en éclats nos certitudes, comme le gel peut faire éclater la roche. Pour lui, la poésie est une arme véritable, comme une grenade, dont nous recueillons les pépins éclatés que sont ses poèmes. Une écriture à fragmentation, comme les 237 fragments de Feuillets d’Hypnos, écrits en plein maquis, petits blocs autonomes de langage, éparpillés, émiettés, pulvérisés, dont voici quelques extraits - Le temps n’est plus secondé par les horloges, dont les aiguilles s’entre-dévorent aujourd’hui sur le cadran de l’homme. fragment 26 - L’adoration des bergers n’est plus utile à la planète 31- Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé 59- Notre héritage n’est précédé d’aucun testament 62 - Nous errons auprès des margelles dont on a soustrait les puits 91- À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s’asseoir. La place demeure vide, mais le couvert est mis. 131- Serons-nous plus tard semblables à ces cratères où les volcans ne viennent plus et où l’herbe jaunit sur sa tige ? 147- Voici l’époque où le poète sent se dresser en lui cette méridienne force d’ascension. 162- Le fruit est aveugle. C’est l’arbre qui voit. 165- Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue 197- Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. 237Pour René Char, la poésie représente l’activité par excellence. Sans elle, le monde reste plongé dans les ténèbres. La lumière tombe du poème sur les choses, les mettant à leur place. Le poème, conjuguant les éléments premiers par une sorte d’alchimie, les transforme en poussière d’or. Il est le creuset où les cendres du quotidien sont portées à l’incandescence. Et leur rayonnement lumineux métamorphose durablement nos ténèbres. Sa poésie, parsemée d’aphorismes et de sentences brèves, qui scintillent comme une multitude d’astres dans la voie lactée, a la splendeur d’une pluie d’étoiles filantes, dont les traces nous font poésie pleine d’espoir, bien que sans illusion sur les hommes. Une poésie qui désire intensément et interpelle avec force À chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir » Seuls demeurent, 1945.Redonnez-leur…Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’ de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout Fureur et mystère, Les loyaux adversaires, © La Pléiade, Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas », déclare, non sans humour, René Char À une sérénité crispée. Avec le poème, on passe de l’existence à l’être. Et notre éventuelle difficulté à lire cette poésie est à la mesure de la distance où nous nous trouvons de l’être. C’est une sorte de critère la poésie de Char n’est opaque qu’à ce qui est opaque en nous. D’où nos difficultés, et non son prétendu présenceTu es pressé d’écrireComme si tu étais en retard sur la en est ainsi fais cortège à tes de transmettreTa part de merveilleux de rébellion de tu es en retard sur la vieLa vie inexprimableLa seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’ qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les chosesDont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnésAu bout de combats sans d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin tu rencontres la mort durant ton labeurReçois-la comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir arideEn t’ tu veux rireOffre ta soumissionJamais tes as été créé pour des moments peu disparais sans regretAu gré de la rigueur suivant quartier la liquidation du monde se poursuitSans interruptionSans la poussièreNul ne décèlera votre Moulin premier 1936, Dans l’Atelier du poète, coll. Quarto, © Gallimard, 1996, p. 250-251Tout est dit en quelques mots dans ce poème l’impatience du poète. Les trois dimensions de sa poésie, avec sa part de rêve, de révolte et d’engagement. Le défi en face duquel il se trouve transmettre l’inexprimable. Le double mouvement de destruction et de fécondité. Le tout concernant un être d’exception, capable de rester dans l’ son style profondément original, la violence et l’intensité de ses images, René Char a rénové la poésie moderne. Unanimement reconnu, il demeure l’un des rares auteurs à avoir été publié dans La Pléiade de son vivant. En 1957, Albert Camus lui rendit hommage à Stockholm, déclarant que depuis Apollinaire, il n’y avait pas eu dans la poésie française une révolution comparable à celle qu’a accomplie René Char. » Sur sa tombe, à l’Isle-sur-la-Sorgue, sont gravés ses propres mots Si nous habitons un éclair, il est au cœur de l’éternité ». **** Nicolas de StaëlLe champ de tous et celui de chacun, trop pauvre, momentanément abandonné. Nicolas de Staël nous met en chemise et au vent la pierre l’aven des couleurs, il la trempe, il la baigne, il l’agite, il la toiliers de l’espace lui offrent un toile de rocher, qui frémis, montrée nue sur la corde d’amour !En secret un grand peintre va te vêtir, pour tous les yeux, du désir le plus entier et le moins Recherche de la base et du sommet, II Alliés substantiels, © La Pléiade, ****La chambre dans l’espaceTel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de il est beau ton cri qui me donne ton silence !In Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, sélective Ralentir travaux, en collaboration avec Breton et Éluard, © Éditions surréalistes, 1930 Le Marteau sans maître, © Éditions surréalistes, 1934 Seuls demeurent, © Gallimard, 1945 Feuillets d’Hypnos, © Gallimard, 1946 Le poème pulvérisé, © revue Fontaine, 1947 Fureur et mystère, poèmes de 1945 à 1948, © Gallimard, 1948 Les Matinaux, © Gallimard, 1950 À une sérénité crispée, © Gallimard, 1951 Lettera amorosa, © Gallimard, 1953 Recherche de la base et du sommet, © Gallimard, 1955 La Parole en archipel, © Gallimard, 1962 Dans la pluie giboyeuse, © Gallimard, 1968 Le nu perdu, © Gallimard, 1971 Aromates chasseurs, © Gallimard, 1976 Chants de la Balandrane,© Gallimard, 1977 René Char, Œuvres complètes, par Jean Roudaut, La Pléiade, © Gallimard, 1983 / rééd. 1995 Les Voisinages de Van Gogh, © Gallimard, 1985 Éloge d’une Soupçonnée, © Gallimard, 1988 Le René Char de René Char - Chloé Poizat, © Mango jeunesse, album Dada, 2001 Et dans la collection Poésie/Gallimard Fureur et mystère, préface d’Yves Berger, 1966 Les Matinaux, suivi de La Parole en archipel, 1969 Recherche de la base et du sommet, 1971 Le nu perdu, 1978 Éloge d’une Soupçonnée, précédé d’autres poèmes 1973 - 1987, 1989 La Planche de vivre, traductions en collaboration avec Tina Jolas, 1995 En trente-trois morceaux, et autres poèmes, suivi de Sous ma casquette amarante, 1997 Lettera amorosa, illustrations de Georges Braque et Jean Arp, 2007 Autour de l’auteur René Char, par Pierre Guerre, coll. Poètes d’Aujourd’hui n° 22, © Seghers, 1971 René Char en ses poèmes, par Paul Veyne, coll. Essais », © Gallimard, 1990 René Char, La Sorgue et autres poèmes, anthologie établie par Marie-Claude Char et Paul Veyne, © Classiques Hachette, 1994 René Char, Dans l’atelier du poète, par Marie-Claude Char, coll. Quarto, © Gallimard, 1996 L'éclair au front, la vie de René Char de Laurent Greilsamer, © Fayard, 2006 Pays de René Char, par Marie-Claude Char, © Flammarion, 2007 René Char, le catalogue de l’exposition, © BNF/Gallimard, 2007 René Char, un film de Jérôme Prieur – Un DVD Arte vidéo, 2006 Internet Un article sur Wikipédia Souvenirs de José Corti Sur Esprits nomades Contribution de Jacques Décréau Exposition - NU, dessins de vie, dessins de nous Dessin - Collage, Peinture, ExpositionRieupeyroux 12240Du 17/06/2022 au 30/08/2022L'exposition réunit des dessins et peintures de plusieurs “élèves” de l'atelier de dessin avec modèles vivants de Patrick Laroche à Rieupeyroux. Entre sensualité et force d'expression, fusain, sanguine, ou en encre de chine, en noir et blanc ou en couleur, les possibilités sont multiples presque infinies pour présenter un corps nu. La pratique du dessin de nu est une discipline artistique qui demande une grande concentration, une méditation, une fusion à créer entre le modèle et soi-même. Pour c'est un exercice sous-jacent pour entretenir l'agilité du regard, l'observation du réel, aiguiser l'oeil et la main, pour d'autres au contraire c'est une fin en soi. Comme une calligraphie mille fois répétée mais où une véritable émotion reste là pour évoquer la vie de ces corps. Venez à la rencontre de Carole Delord, Bertrand Derveloy, Irène Fau, Liz Graham-Yooll, Sheila Jowers, Patrick Laroche, Patrick Noppe, Geneviève Pleinecassagne, Aurore Ruel, Yves Saget, Martin, Virginie, et quelques autres Vers 19h45, après le vernissage de l'exposition, nous vous invitons à continuer ensemble autour de grillades, salades et douceurs culinaires. La participation étant libre,[...] Et la moisson des deuils et la moisson des fêtes Se couche chaque soir devant votre parvis. Nous arrivons vers vous du noble Hurepoix. C’est un commencement de Beauce à notre usage, Des fermes et des champs taillés à votre image, Mais coupés plus souvent par des rideaux de bois, Et coupés plus souvent par de creuses vallées Pour l’Yvette et la Bièvre et leurs accroissements, Et leurs savants détours et leurs dégagements, Et par les beaux châteaux et les longues allées. D’autres viendront vers vous du noble Vermandois, Et des vallonnements de bouleaux et de saules. D’autres viendront vers vous des palais et des geôles. Et du pays picard et du vert Vendômois. Mais c’est toujours la France, ou petite ou plus grande, Le pays des beaux blés et des encadrements, Le pays de la grappe et des ruissellements, Le pays de genêts, de bruyère, de lande. Nous arrivons vers vous du lointain Palaiseau Et des faubourgs d’Orsay par Gometz-le-Châtel, Autrement dit Saint-Clair ; ce n’est pas un castel ; C’est un village au bord d’une route en biseau. Nous avons débouché, montant de ce coteau, Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-Ville Au-dessus de Saint-Clair ; ce n’est pas une ville ; C’est un village au bord d’une route en plateau. Nous avons descendu la côte de Limours. Nous avons rencontré trois ou quatre gendarmes. Ils nous ont regardé, non sans quelques alarmes, Consulter les poteaux aux coins des carrefours. Nous avons pu coucher dans le calme Dourdan. C’est un gros bourg très riche et qui sent sa province. Fiers nous avons longé, regardés comme un prince, Les fossés du château coupés comme un redan. Dans la maison amie, hôtesse et fraternelle On nous a fait coucher dans le lit du garçon. Vingt ans de souvenirs étaient notre échanson. Le pain nous fut coupé d’une main maternelle. Toute notre jeunesse était là solennelle. On prononça pour nous le Bénédicité. Quatre siècles d’honneur et de fidélité Faisaient des draps du lit une couche éternelle. Nous avons fait semblant d’être un gai pèlerin Et même un bon vivant et d’aimer les voyages, Et d’avoir parcouru cent trente-et-un bailliages, Et d’être accoutumés d’être sur le chemin. La clarté de la lampe éblouissait la nappe. On nous fit visiter le jardin potager. Il donnait sur la treille et sur un beau verger. Tel fut le premier gîte et la tête d’étape. Le jardin était clos dans un coude de l’Orge. Vers la droite il donnait sur un mur bocager Surmonté de rameaux et d’un arceau léger. En face un maréchal, et l’enclume, et la forge. Nous nous sommes levés ce matin devant l’aube. Nous nous sommes quittés après les beaux adieux. Le temps s’annonçait bien. On nous a dit tant mieux. On nous a fait goûter de quelque boeuf en daube, Puisqu’il est entendu que le bon pèlerin Est celui qui boit ferme et tient sa place à table, Et qu’il n’a pas besoin de faire le comptable, Et que c’est bien assez de se lever matin. Le jour était en route et le soleil montait Quand nous avons passé Sainte-Mesme et les autres. Nous avancions déjà comme deux bons apôtres. Et la gauche et la droite était ce qui comptait. Nous sommes remontés par le Gué de Longroy. C’en est fait désormais de nos atermoiements, Et de l’iniquité des dénivellements Voici la juste plaine et le secret effroi De nous trouver tout seuls et voici le charroi Et la roue et les boeufs et le joug et la grange, Et la poussière égale et l’équitable fange Et la détresse égale et l’égal désarroi. Nous voici parvenus sur la haute terrasse Où rien ne cache plus l’homme de devant Dieu, Où nul déguisement ni du temps ni du lieu Ne pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse. Voici la gerbe immense et l’immense liasse, Et le grain sous la meule et nos écrasements, Et la grêle javelle et nos renoncements, Et l’immense horizon que le regard embrasse. Et notre indignité cette immuable masse, Et notre basse peur en un pareil moment, Et la juste terreur et le secret tourment De nous trouver tout seuls par devant votre face. Mais voici que c’est vous, reine de majesté, Comment avons-nous pu nous laisser décevoir, Et marcher devant vous sans vous apercevoir. Nous serons donc toujours ce peuple inconcerté. Ce pays est plus ras que la plus rase table. À peine un creux du sol, à peine un léger pli. C’est la table du juge et le fait accompli, Et l’arrêt sans appel et l’ordre inéluctable. Et c’est le prononcé du texte insurmontable, Et la mesure comble et c’est le sort empli, Et c’est la vie étale et l’homme enseveli, Et c’est le héraut d’arme et le sceau redoutable. Mais vous apparaissez, reine mystérieuse. Cette pointe là-bas dans le moutonnement Des moissons et des bois et dans le flottement De l’extrême horizon ce n’est point une yeuse, Ni le profil connu d’un arbre interchangeable. C’est déjà plus distante, et plus basse, et plus haute, Ferme comme un espoir sur la dernière côte, Sur le dernier coteau la flèche inimitable. D’ici vers vous, ô reine, il n’est plus que la route. Celle-ci nous regarde, on en a bien fait d’autres. Vous avez votre gloire et nous avons les nôtres. Nous l’avons entamée, on la mangera toute. Nous savons ce que c’est qu’un tronçon qui s’ajoute Au tronçon déjà fait et ce qu’un kilomètre Demande de jarret et ce qu’il faut en mettre Nous passerons ce soir par le pont et la voûte Et ce fossé profond qui cerne le rempart. Nous marchons dans le vent coupés par les autos. C’est ici la contrée imprenable en photos, La route nue et grave allant de part en part. Nous avons eu bon vent de partir dès le jour. Nous coucherons ce soir à deux pas de chez vous, Dans cette vieille auberge où pour quarante sous Nous dormirons tout près de votre illustre tour. Nous serons si fourbus que nous regarderons, Assis sur une chaise auprès de la fenêtre, Dans un écrasement du corps et de tout l’être, Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds, Et les sourcils haussés jusque dedans nos fronts, L’angle une fois trouvé par un seul homme au monde, Et l’unique montée ascendante et profonde, Et nous serons recrus et nous contemplerons. Voici l’axe et la ligne et la géante fleur. Voici la dure pente et le contentement. Voici l’exactitude et le consentement. Et la sévère larme, ô reine de douleur. Voici la nudité, le reste est vêtement. Voici le vêtement, tout le reste est parure. Voici la pureté, tout le reste est souillure. Voici la pauvreté, le reste est ornement. Voici la seule force et le reste est faiblesse. Voici l’arête unique et le reste est bavure. Et la seule noblesse et le reste est ordure. Et la seule grandeur et le reste est bassesse. Voici la seule foi qui ne soit point parjure. Voici le seul élan qui sache un peu monter. Voici le seul instant qui vaille de compter. Voici le seul propos qui s’achève et qui dure. Voici le monument, tout le reste est doublure. Et voici notre amour et notre entendement. Et notre port de tête et notre apaisement. Et le rien de dentelle et l’exacte moulure. Voici le beau serment, le reste est forfaiture. Voici l’unique prix de nos arrachements, Le salaire payé de nos retranchements. Voici la vérité, le reste est imposture. Voici le firmament, le reste est procédure. Et vers le tribunal voici l’ajustement. Et vers le paradis voici l’achèvement. Et la feuille de pierre et l’exacte nervure. Nous resterons cloués sur la chaise de paille. Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas Le tumulte des voix, le tumulte des pas, Et dans la salle en bas l’innocente ripaille. Ni les rouliers venus pour le jour du marché. Ni la feinte colère et l’éclat des jurons Car nous contemplerons et nous méditerons D’un seul embrassement la flèche sans péché. Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies, Ni la faim ni la soif ni nos renoncements, Ni nos raides genoux ni nos raisonnements, Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies. Perdus dans cette chambre et parmi tant d’hôtels, Nous ne descendrons pas à l’heure du repas, Et nous n’entendrons pas et nous ne verrons pas La ville prosternée au pied de vos autels. Et quand se lèvera le soleil de demain, Nous nous réveillerons dans une aube lustrale, À l’ombre des deux bras de votre cathédrale, Heureux et malheureux et perclus du chemin. Nous venons vous prier pour ce pauvre garçon Qui mourut comme un sot au cours de cette année, Presque dans la semaine et devers la journée Où votre fils naquit dans la paille et le son. Ô Vierge, il n’était pas le pire du troupeau. Il n’avait qu’un défaut dans sa jeune cuirasse. Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace A passé par ce trou qu’il s’est fait dans la peau. Il était né vers nous dans notre Gâtinais. Il commençait la route où nous redescendons. Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons. Et pourtant c’était lui que tu te destinais, Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau. Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes. Mais le seul manquement d’une seule des craintes Laissa passer la mort par un chemin nouveau. Le voici maintenant dedans votre régence. Vous êtes reine et mère et saurez le montrer. C’était un être pur. Vous le ferez rentrer Dans votre patronage et dans votre indulgence. Ô reine qui lisez dans le secret du cœur, Vous savez ce que c’est que la vie ou la mort, Et vous savez ainsi dans quel secret du sort Se coud et se découd la ruse du traqueur. Et vous savez ainsi sur quel accent du chœur Se noue et se dénoue un accompagnement, Et ce qu’il faut d’espace et de déboisement Pour laisser débouler la meute du piqueur. Et vous savez ainsi dans quel recreux du port Se prépare et s’achève un noble enlèvement, Et par quel jeu d’adresse et de gouvernement Se dérobe ou se fixe un illustre support. Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaive Se joue et se déjoue un épouvantement, Et par quel coup de pouce et quel balancement L’un des plateaux descend pour que l’autre s’élève. Et ce que peut coûter la lèvre du moqueur, Et ce qu’il faut de force et de recroisement Pour faire par le coup d’un seul retournement D’un vaincu malheureux un malheureux vainqueur. Mère le voici donc, il était notre race, Et vingt ans après nous notre redoublement. Reine recevez-le dans votre amendement. Où la mort a passé, passera bien la grâce. Nous, nous retournerons par ce même chemin. Ce sera de nouveau la terre sans cachette, Le château sans un coin et sans une oubliette, Et ce sol mieux gravé qu’un parfait parchemin. Et nunc et in hora, nous vous prions pour nous Qui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin, Et sans doute moins purs et moins dans votre main, Et moins acheminés vers vos sacrés genoux. Quand nous aurons joué nos derniers personnages, Quand nous aurons posé la cape et le manteau, Quand nous aurons jeté le masque et le couteau, Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages. Quand nous retournerons en cette froide terre, Ainsi qu’il fut prescrit pour le premier Adam, Reine de Saint-Chéron, Saint-Arnould et Dourdan, Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire. Quand on nous aura mis dans une étroite fosse, Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe, Veuillez vous rappeler, reine de la promesse, Le long cheminement que nous faisons en Beauce. Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde, Quand nous aurons tremblé nos derniers tremblements, Quand nous aurons raclé nos derniers raclements, Veuillez vous rappelez votre miséricorde. Nous ne demandons rien, refuge du pécheur, Que la dernière place en votre Purgatoire, Pour pleurer longuement notre tragique histoire, Et contempler de loin votre jeune splendeur. 1913 Elle vous guide, elle vous ébloui, elle vous fascine, elle est comme une étoile, pour lui dire je t'aime voici quelques SMS d'amour des messages d'amour pour l’étoile de votre vie et un msg d'amour chaque nuit étoilé, c'est juste des petits mots d'amour qui voyageront a la vitesse de la lumière pour faire briller encore cette étoile... d'amour. Tu es semblable à une étoile, on ne te voit que quelques instants mais ta beauté est si intense que l'on s'en souvient toute notre existence. Message d'amour pour elle Je n’ai pas de mot assez fort pour dire ce que je ressens pour toi mon amour, tu ajoutes des battements à mon cœur, tu mets des couleurs dans ma vie, tu allumes des étoiles dans mon ciel… tu me fais découvrir l’Amour !!! Je t’aime mon cœur.*** Tu t'imagine un peu le nombre des étoiles ? Mais je trouve ça insuffisant pour te prouver mon amour pour toi. Je t'aime !*** Si une seule étoile pourrait tomber à chaque fois que tu me manques il n'y aura plus d'étoile dans le ciel ce soir, parce que tu me manques.*** Je t'envoie toutes les étoiles du ciel pour éclairer ton cœur et toutes les fleurs de la terre pour colorer ta vie et toutes les chansons pour te dire que tu es un ange adorable.*** Chaque seconde passée avec toi est une éternité d’amour. Mes sentiments pour toi sont si forts que je pourrais passer ma vie à t’écrire des poèmes d’amour. Tu es une source de passion si forte que toutes les autres femmes s’effacent devant ta beauté. Elles sont de simples étoiles qui s’effacent à l’arrivée du soleil de ma vie que tu es.*** Chaque fois que je regarde le ciel je vois ton nom inscrit en étoile! Et chaque fois que je regarde la Terre je vois ton ombre dessinée en fleur…*** Je vais au ciel pour mettre ton nom sur une étoile d'or, pour que tous les anges puissent voir combien mon amour pour toi et si fort.*** Depuis que nous sommes intimement liés, il y a une gerbe de sourires dans mes pensées, un arc-en-ciel pour les jours de pluie, une féerie d’étoiles pour la nuit.*** Mon amour pour toi est aussi grand qu'innombrables sont les étoiles dans le ciel.*** Chaque soir je regarde l'étoile du sud, j'y vois apparaître ton visage qui me réchauffe dans la nuit rude et me permet de rester sage. Message d'amour pour l'étoile de ma vie Tu es comme une étoile, tu brille de mille feux et jamais je ne cesserai de te regarder dans le ciel et je n'aurais pas de mal à te trouver parmi ces étoiles car tu es celle qui attire mes yeux.*** Laissez-moi vous dire que je vous aime profondément. La vie avec toi paraît plus belle. Vous êtes les étoiles de mes nuits et le soleil de mes journées. Je t’aime.*** L’étoile qu’incarne ton être fait brûler mes yeux, chaque fois que je te regarde l’amour que tu m’envoie me fera vivre une éternité.*** Dans le ciel brillent des milliards d'étoiles, mais la plus belle étoile se trouve auprès de moi. C'est toi ma princesse !*** Tu es mon étoile,Celle qui, dans le ciel obscure de la vie, éclaire et fait briller mon cœur.

une etoile de plus dans le ciel poeme