SiMourad Zeggari est sur le point de réaliser son rêve, à l'américaine, avec l'application ''We Ad Good'' (Var-matin du 27 octobre), le réveil a été pour le moins « difficile » hier pour Voici venir les rêveurs » : quand le rêve américain devient cauchemar camerounais Deux ans après son acquisition à grands frais par l’éditeur Random House, le premier roman d’Imbolo Mbue sort enfin, en même temps, en France et aux États-Unis. Une fable moderne sur l’immigration, qui n’a rien d’un conte merveilleux. C’est une histoire Onnous a longtemps vendu le « rêve américain » mais on ne nous a jamais assez parlé du « cauchemar américain ». Oui tu l’as compris, le bonheur ne se trouve pas toujours chez les autres et je me suis donné la délicate tâche de le démontrer preuve à l’appui dans cet article. Léloge du carburateur de Mattew Crawford qui décrit la perte des savoir faire pratiques aux Etats Unis ou l’on ne forme plus que des SalamBeaucoup de personne que j'ai croisé en France rêve un jour de vivre aux Etas UnisEt vous. Menu. Accueil. Forums. Nouveaux messages. En ce moment. Nouveaux messages Nouveaux messages de profil. Connexion S'inscrire. Quoi de neuf . Nouveaux messages. Menu Connexion S'inscrire Forums. Catégorie Principale. Général. Vivre aux Etats Unis : un rêve ! Lesallocs familiales n’existent pas aux États-Unis, et on doit se mettre sur une liste d’attente d’une longueur ridicule pour accéder aux logements subventionnés. Pour ces raisons, on peut vite se trouver dans la rue si l’on n’a pas d’économies pour arrondir les fins du mois. Si j’avais le choix, je n’y vivrais pour rien au monde. Buyer beware. gw1J. Alexander Spatari via Getty Images "Nous sommes submergés de soft power américain séries, films, marques, alimentation, etc. Je voulais voir tout ça de mes propres yeux!" Photo d'illustration Alexander Spatari via Getty Images Alexander Spatari via Getty Images Je suis parti une quinzaine de mois aux États-Unis, dans la région de Los Angeles en Californie. À la fin de mes études, je ressentais un réel besoin d’aller voir ailleurs. J’ai rejoint mon école de commerce en master 1, et n’avais donc pas eu l’occasion de faire un stage à l’étranger. Je ressentais comme une frustration lorsque mes amis me racontaient leur stage en Thaïlande, au Mexique, en Australie, etc. Je ressentais que ma formation n’était pas finie, j’avais besoin de vivre ça avant de m’installer pour de bon vivre une expérience unique, qui élargirait mon “champ des possibles” et que je serais fier de raconter à mes enfants plus tard. Pourquoi les États-Unis? Avant tout par opportunisme! Dès le choix de mon apprentissage pour deux ans de master, j’avais choisi mon entreprise car mon maître d’apprentissage m’avait parlé des possibilités d’évolution à l’étranger, notamment aux US. Je n’idolâtrais pas les États-Unis dans l’ensemble, cependant j’étais curieux de comprendre pourquoi les Américains étaient d’aussi bons entrepreneurs, en plus d’être sûrement les meilleurs marketeurs au monde. Je voulais voir comment on fait des affaires au pays de l’oncle Sam. Et puis, nous sommes submergés de soft power américain séries, films, marques, alimentation, etc. Je voulais aussi voir tout ça de mes propres yeux! Alors qu’en Europe, les banques évaluent votre profil financier en fonction de vos revenus, votre épargne et vos garanties, ici, on regarde votre "credit score" ce que vous dépensez et les crédits que vous faites. Le volontariat international est la voie idéale pour s’adapter à l’étranger. Je ne dirais pas que je suis parti comme un coq en pâte, mais presque. Pourquoi? Car il m’a permis de m’affranchir des démarches liées au VISA, à la santé ou aux assurances; ce qui n’est pas si simple lorsque vous arrivez au États-Unis sans credit score. Concernant le revenu, mon indemnité comme tous les Volontariats Internationaux était indexée sur le niveau de vie locale. Tout compris, je touchais autour de € par mois. Pour vivre en célibataire, sans dépenses de santé, assurances, voitures, impôts, ce salaire est plutôt confortable. Si vous êtes Américain, vous êtes dans la moyenne. Le credit score Le système bancaire est très différent du nôtre. Alors qu’en Europe, les banques évaluent votre profil financier en fonction de vos revenus, votre épargne et vos garanties, ici, on regarde ce que vous dépensez, et les crédits que vous faites. Plus vous avez de dépenses mensuelles et de crédits, plus votre profil est bon! Beaucoup de personnes paient leurs dépenses via des cartes de crédit, puis remboursent via leur compte bancaire afin d’augmenter leur assiette de dépenses. Ce qui compte, c’est de payer vos factures! Plus vous dépensez, plus vous êtes solvable, et donc digne de confiance. Le choc culturel Le dépaysement fut total tant les modèles de société français et américain sont aux antipodes. La France est un pays latin, c’est dans notre culture de débattre des règles, les remettre en question, les contester, en chercher les limites. Eux sont anglo-saxons, les règles sont les règles, et on ne joue pas avec! En Californie, si vous êtes pris pour DUI driving under influence, c’est d’amende, plus 5000$ de frais de justice à votre charge. En excès de vitesse, vous paierez 50$ par mph au-dessus de la limite, en plus d’un éventuel forfait. Il est également interdit de fumer à proximité des restaurants, des écoles, dans les parcs, voire dans certaines villes entières. Les États-Unis sont le pays de la liberté, et c’est sûrement cette notion qui définit le mieux le rêve américain. Cependant, celle-ci ne doit pas impacter celle des autres. La sécurité est une dimension très importante dans la société américaine la plupart des Américains possède d’importants systèmes de surveillance très élaborés par rapport à ce que nous avons en Europe, et les armes sont un hobby à part entière comme pourraient l’être les jeux vidéo, la pêche ou le jardinage. Un pragmatisme à toute épreuve Même en Californie, j’ai trouvé les gens très terre-à-terre au début. Ils sont très centrés sur l’argent, c’est une vraie religion. Alors que le placement préféré des français est le livret A bien qu’il ne rapporte rien, eux sont très avertis au niveau de l’éducation financière. Tout est très libéral chaque année vos contrats d’assurance, de couverture sociale, sont ajustés en fonction de votre situation, mais également de la situation macro-économique du pays. La plupart des gens sont bien plus avertis que nous en Europe, et suivent de près ou de loin les actions et les marchés financiers. Beaucoup de services ont des prix variables qui s’ajustent très vite en fonction de la conjoncture où des événements. Par exemple à Los Angeles, les parkings affichent tous un flat rate, qui double ou triple le week-end ou pour un événement! J’ai eu du mal au début avec ce “manque de romantisme” sûrement naïf de ma part. Cependant, on comprend bien mieux leur mode de fonctionnement en se mettant à leur place. Dans la région de Los Angeles, il vous faut au bas mot un demi-million de dollars pour acheter un beau F2. Si votre enfant souhaite devenir médecin, il lui faudra débourser un bon demi-million de dollars également qu’il gagnera en 1 an une fois diplômé cependant. Plus globalement, la plupart des personnes qui font des études s’arrêtent à la licence, et envisagent le master bien plus tard comptez l’année de master. Le coût du financement est également très important, et c’est sûrement ce qui a fait pencher la balance vers un départ en ce qui me concerne. Alors que la moyenne des prêts immobiliers était de 1,3% en France en 2019 avec 10% d’apport nécessaire, ils étaient au-dessus de 3% ici, avec 20/25% d’apport nécessaire. Mon colocataire pharmacien a fait un prêt étudiant garanti par l’État à 6% d’intérêts… Après le coronavirus, alors que la FED a baissé ses taux à 0, mettant ainsi les banques américaines dans les mêmes conditions que les banques européennes, les taux ne sont descendus qu’à Alors que les besoins primaires que sont l’éducation, la santé, le logement, sont fournis ou encadrés par l’État en France, c’est un vrai enjeu pour la plupart des gens aux États-Unis, laissés à la merci des banques et sociétés privées. Le travail Bien entendu, il faut comparer ce qui est comparable. Alors qu’en France la création d’emploi est un enjeu central depuis bientôt deux décennies, le marché du travail américain est une ruche d’opportunités. Le code du travail étant bien plus flexible, les entreprises américaines s’adaptent très vite à la conjoncture, et il y a beaucoup de turnover. Il y a énormément d’offres, de très belles opportunités et pas de plafond de verre. Les entreprises américaines proposent globalement de très bons salaires comparés à la France; en revanche vous n’y aurez que deux semaines de vacances par an. Les armes sont un hobby à part entière comme pourraient l’être les jeux vidéo, la pêche ou le jardinage. Pas mal d’entreprises proposent des semaines supplémentaires en fonction de votre ancienneté, ainsi la plupart des Américains attendent souvent 30 voire 40 ans passés avant d’effectuer de longs voyages pour leurs vacances, visiter d’autres régions du monde. C’est également à mon avis la raison pour laquelle les Américains sont plus fermés sur eux-mêmes en plus de leur situation géographique, ils ne prennent la plupart du temps qu’un ou deux jours pour profiter d’un long week-end. Petite anecdote lorsque j’ai pris 5 jours de congés après 6 mois de contrat VIE, la plupart des gens pensaient que j’avais été viré ou que j’avais quitté l’entreprise...! Concernant le travail même, j’ai apprécié un management très proche du terrain, et très concret. Il y a une vraie culture du résultat au travail. Lorsque vous avez une target, un objectif, il faut l’atteindre! Et si ce n’est pas le cas, votre backup a intérêt à être solide, pas d’excuses. Ils sont également très hardworking, ils n’ont pas peur de faire des heures, le travail doit être fait. Plusieurs de mes collègues avaient également des side-business, et y passaient plusieurs heures le soir après leur travail à temps plein ou le week-end. On veut réussir, et on s’en donne les moyens. Seul petit bémol le manque de sécurité peut parfois privilégier les stratégies individuelles au sein de l’organisation. La nourriture Pour finir, j’aimerais dire un petit mot sur l’alimentation afin de démentir quelques idées reçues. Lorsque l’on pense nourriture aux États-Unis, la première image qui nous vient est celle des burgers/fast-food. Lorsque vous faites vos courses, les fruits et légumes sont certes chers et souvent de qualité moyenne. Et oui, les denrées les plus accessibles sont souvent les plus mauvaises en termes de nutrition. Cependant, c’est dans leur culture de manger dehors le midi. Et alors qu’en France le choix se limite souvent aux boulangeries/burger/kebab, ou alors une salade ridicule au supermarché, j’ai découvert une variété incroyable en Californie. L’offre est bien plus développée. Entre 5 et 10$, vous pouvez certes manger un burger qui transpire l’huile, mais il y a également de nombreux concepts très sains, tels que les poke, Fish and Grill, Flame Broiler et autres, qui vous permettent de manger sainement et protéiné avis aux sportifs. J’ai eu l’occasion de réaliser un tour du monde culinaire sans bouger de la Californie, en passant par tous les pays d’Asie, le Mexique ou l’Amérique du Sud. Et tous sont très bien référencés, vous pouvez la plupart du temps voir les avis, la carte, et les photos des plats avant d’y aller. Le service est rapide, et les portions généreuses, c’est très appréciable. En conclusion... Mon expérience en Californie fut très enrichissante, et je suis ravi de l’avoir vécue. Elle m’a permis de prendre un certain recul sur ma vie que j’aurais peut-être mis une dizaine d’années à acquérir. Cependant, le rêve américain proposé par les États-Unis –essentiellement basé sur la liberté et le libéralisme– ne correspond pas à mon idéal de vie. En étant Français, rien que le fait de ne pas avoir à payer ses études représente un certain avantage comparatif. Si vous voulez partir, je vous invite à ne pas regarder que les success stories, mais à prendre un peu de recul en contactant d’autres expats qui ont fait l’expérience avant vous, et pourront vous donner de précieux conseils. A voir également sur Le HuffPost Donald Trump revendique sa victoire et accuse Joe Biden de fraude Au Honduras, un groupe d'anciens migrants, mutilés à la suite des blessures occasionnées par "La Bestia", le train qu'ils empruntent pour traverser le Mexique. Copyright © 2014 Tomas Ayuso - Noria Research. All rights reserved "Si j'arrive à atteindre les Etats-Unis, j'espère pouvoir étudier, devenir médecin, et revenir ensuite pour soulager toute cette souffrance." Les mots de Wilmer, 11 ans, l'un des nombreux adolescents lancés dans l'éprouvante traversée depuis l'Amérique centrale vers le mirage américain, résonnent encore aux oreilles de Tomas Ayuso. Chercheur spécialiste des migrations, mais aussi des trafics entre l'isthme américain et les Etats-Unis, il a enquêté pendant six mois sur le chemin parcouru par les migrants d'Amérique centrale vers "Le Nord", comme ils appellent les Etats-Unis. Egalement photographe, il a mis en ligne, sur le site de Noria Research*, un long reportage photo. "Une gestion presque industrielle des mouvements de population"Les images racontent l'itinéraire de quelques-uns des dizaines de milliers d'êtres humains "chassés de chez eux, parce que dénués de droits, élémentaires, et pourtant hors d'atteinte dans le Honduras du 21e siècle", explique Tomas Ayuso dans l'introduction de son documentaire logement, revenu digne, mais aussi le "droit de vieillir en paix". "Parce que la plupart de ceux qui partent sont des jeunes. Ils sont promis à de terribles souffrances au cours de leur voyage", explique-t-il à L'Express. C'est en voulant comprendre les origines des maux de son pays que le chercheur a ressenti le besoin de suivre le périple de ces migrants. Il a découvert une "gestion presque industrielle des mouvements de population" par les mafias. Wilmer. "Je ne crains pas de faire ce voyage, si je peux parvenir aux Etats-Unis pour y faire des études."Copyright © 2014 Tomas Ayuso - Noria Research. Droits reservésOffre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement Le voyage commence dans les quartiers informels qui ceinturent les grandes villes, où s'entassent d'anciens paysans appauvris. Outre la misère, l'emprise des gangs -les maras, est l'une des principales causes de leur exode. Les candidats au départ fuient la menace d'enrôlement forcé dans leurs rangs, le racket, la violence, un fléau dont le Honduras possède le triste record mondial pour un pays qui n'est pas en état de guerre. Partir coûte cher. Il faut s'en remettre à des réseaux de passeurs, les coyotes, qui extorquent jusqu'à 7500 dollars pour planifier, transporter, se mettre en contacts avec d'autres coyotes tout au long de la périlleuse expédition de près de 3000 km. La "Bestia" mangeuse d'hommesAprès la traversée du Guatemala, Tomas Ayuso s'est mêlé, dans le sud du Mexique, à des migrants de tous les pays d'Amérique centrale. Beaucoup vont traverser le pays sur les wagons de la Bestia, "la bête", le train de marchandises ainsi baptisé pour son sinistre bilan. Chaque année, plusieurs dizaines de migrants meurent ou sont mutilés en tombant de l'échine de la Bestia. Jorge et Rolando, à Arriaga. La Bestia, ils connaissent © 2014 Tomas Ayuso - Noria Research. Droits reservésSur la route du rêve américain, les dangers sont multiples outre la Bestia, les voyageurs sont victimes de vols, de la violence des gangs, parfois séquestrés afin de sous-tirer une rançon à leur famille, quand ils ne tombent pas sous les balles de ces mafias. La plupart n'atteindront jamais le "Nord". "Le Mexique est un véritable cimetière de migrants centraméricains", témoigne Tomas Ayuso. La police de l'immigration mexicaine, la Migra, durcit aussi chaque jour un peu plus sa traque pour freiner cet exode. "La Migra nous pourchasse sans pitié, Nous sommes des migrants, pas des criminels", proteste Rolando, un Salvadorien rencontré à Arriaga, point de départ de la Bestia. Nous ne méritons pas un tel traitement." La milice qui traque les migrantsPuis, Tomas Ayuso a changé de perspective. Au sud des Etats-Unis, il s'est joint aux miliciens qui traquent les migrants. La plupart des membres de la milice Free Nebraska qui patrouillent le long de la frontière sont des vétérans des différents théâtres de guerre américains, lui a expliqué l'un d'entre eux. Ces milices jugent les autorités "incapables d'empêcher qu'une partie de leur pays ne tombe sous la coupe des gangs" en provenance de la rive sud du Rio Grande. Alors ils estiment devoir s'en charger eux-mêmes. Isaac, vétéran de la guerre d'Irak, patrouille au sein de la milice Free Nebraska pour traquer les © 2014 Tomas Ayuso - Noria Research. Droits reservésTomas Ayuso s'est ensuite plongé au coeur de la diaspora hondurienne des Etats-Unis ; auprès de ceux qui ont survécu à tous les dangers de la route et réussi à s'installer dans le pays. Ces chanceux sont beaucoup moins nombreux que tous les expulsés. Exclusion et suicidesJusqu'à trois vols par jour sont affrétés pour reconduire les migrants refoulés depuis les Etats-Unis vers le Honduras. Plus de 32 000 personnes sont rapatriées par avion chaque année, estime le Centre d'aide aux migrants rapatriés CAMR, et un peu plus par voie terrestre. Renvoyés par bus depuis le Mexique, "ceux-là sont lâchés au milieu de nulle part, à peine la frontière passée. Là, ils deviennent à nouveau des proies faciles pour les trafiquants d'êtres humains", déplore le chercheur. L'Etat et plusieurs ONG accueillent les migrants revenus par les airs, dans la ville de San Pedro Sula où atterrissent les vols de rapatriement. "Ne partez pas, a confié René à l'attention de ses compatriotes, c'est un cauchemar. Plus personne n'arrive à traverser. Un par-ci par-là, peut-être, ont cette chance. C'est effroyable, je ne risquerai pas ma vie une seconde fois", assure-t-il. "Bien d'autres, pourtant, m'ont dit vouloir retenter l'aventure dès qu'ils auraient mis assez d'argent de côté", assure Tomas Ayuso. A San Pedro Sula, des "ateliers de réintégration" sont organisés pour les rapatriés. Le retour est souvent une infortune de plus. Méprisés par leurs familles pour avoir échoué, beaucoup sont bannis par leur proches qui ont beaucoup dépensé dans l'espoir de recevoir par la suite un mandat régulier, depuis "Le Nord" - les transferts de revenus envoyés par les émigrés honduriens représentent environ un sixième du PIB du pays. Réunion de l'Association des migrants mutilés, dans la banlieue de © 2014 Tomas Ayuso - Noria Research. Droits reservésEnfin certains sont incapables de se remettre du traumatisme subi au cours de leur périple. "Il n'existe pas de statistiques, mais le nombre de suicides est très élevé parmi les rapatriés", affirme Tomas Ayuso. "Nous avons tant souffert", témoigne Suyapa, au visage aussi juvénile qu'amer. Elle était partie avec son fils de 4 ans. "Je ne réessaierai pas. Personne ne devrait... Si seulement on pouvait s'en sortir ici, parmi les nôtres. Mais à la vérité, c'est impossible". Soeur Lidia, une religieuse brésilienne responsable d'un programme d'aide au rapatriés le dit avec d'autres mots chacun devrait avoir le droit d'émigrer, mais aussi "le droit de ne pas être contraint à émigrer". >> Retrouvez le reportage de Tomas Ayuso The right to grow old. The Honduran migrant crisis *Noria Research est un Think Tank indépendant, basé sur un réseau de chercheurs travaillant sur des questions de politique internationale, notamment les conflits et le crime organisé. Catherine Gouëset Les plus lus OpinionsLa chronique d'Albert MoukheiberAlbert MoukheiberLa chronique de Vincent PonsVincent Pons, avec Boris ValléeLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain Fort Il y a dix ans, Jesús Rodríguez a fait croire à ses enfants qu'il vendait ses meubles pour aller s'installer à Disney World avec eux. Il avait en fait besoin d'argent après avoir perdu sa maison, comme des millions de familles victimes de la crise aux Etats-Unis. Dans le salon de l'appartement qu'il loue aujourd'hui à Coral Springs, au nord de Miami en Floride, le père de famille de 57 ans a la gorge nouée à l'évocation de ses déboires immobiliers. "Je me souviens que mes enfants étaient très jeunes lorsque nous avons commencé à tout vendre", raconte-t-il. "Ils m'ont dit +Papa, où est-ce qu'on va ?+ Et je leur ai répondu que nous allions à Disney World. Ils m'ont alors demandé si Disney était si cher que nous devions vendre le frigo et les lits". Durant les années qui ont précédé la crise, accéder à la propriété était d'une grande simplicité. Pas besoin de démontrer sa capacité de paiement les banques prêtaient à tout-va et les intermédiaires engrangeaient des millions en revendant de la dette. Jesús Rodríguez a émigré aux Etats-Unis en 2005 avec sa famille pour fuir la crise politique frappant son pays, le Venezuela. Il a contracté un emprunt peu de temps après pour acheter un appartement qui lui donnait l'illusion de vivre le "rêve américain", alors qu'il ne gagnait que dollars par mois comme employé d'une imprimerie. "Mon voisin était livreur de pizzas et il a obtenu le même prêt", relève-t-il. Selon l'avocate Shari Olefson, spécialisée dans les saisies immobilières, la crise a été alimentée par les nombreux prêts hypothécaires à haut risque - les subprimes - accordés par des banques "déterminées à faire beaucoup d'argent". Malgré la hausse inquiétante des prix de l'immobilier et les mises en garde d'économistes, "de nombreux Américains sans expérience dans les biens immobiliers ont cru qu'ils pouvaient devenir investisseurs", pointe l'experte, auteure de plusieurs livres sur le sujet. - Des dettes impayables - La bulle s'est finalement dégonflée, la valeur des biens s'est effondrée, les intérêts ont augmenté, les dettes ont atteint des niveaux absurdes et les gens ont arrêté de payer. Les 4% d'intérêts payés par Jesús Rodríguez ont ainsi grimpé à 14% en un an et sa dette est devenue "impayable". Après une deuxième hypothèque, la famille devait en 2008 quelque dollars pour un appartement dont la valeur avait chuté à dollars. "Les frais ont commencé à augmenter et, d'un coup, le nombre de défauts d'emprunts a explosé", détaille Mme Olefson. "Alors que davantage de gens faisaient l'objet de saisies, l'offre immobilière grossissait sur le marché et cela a commencé à faire baisser les prix. Et la panique s'est installée". Plus de la moitié des foyers de Floride étaient concernés. La crise des "subprimes", qui a démarré en 2006 avant d'atteindre son paroxysme deux ans plus tard, a provoqué la chute de banques et d'institutions financières. Ses répercussions spectaculaires partout dans le monde ont donné naissance à la pire dépression économique depuis les années 1930. Selon un rapport de 2009 de RealtyTrac, une société spécialisée dans les données immobilières, l'année 2008 a vu un nombre record de "dossiers de saisie". Quelque 3,1 millions d'entre eux ont ainsi été ouverts en 2008 aux Etats-Unis, soit 81% de plus que l'année précédente et 225% de plus qu'en 2006. Parmi les Etats les plus touchés le Nevada, l'Arizona et la Floride, où 4,5% des biens immobiliers étaient alors concernés par un dossier de saisie. - Et maintenant ? - Ironie du sort, Jesús Rodríguez travaille aujourd'hui comme conseiller financier pour une compagnie d'assurances. "J'aide désormais les gens à ne pas tomber comme j'ai pu le faire, à ne pas s'endetter autant", confie-t-il. "Je leur apprends à s'occuper de leur indépendance financière, de leur épargne, de leur fonds de pension et de ce genre de choses. C'est comme un renvoi d'ascenseur". Les experts estiment que le système financier a tiré les leçons de ses erreurs et qu'il est peu probable de voir se produire à nouveau une crise hypothécaire du même genre, notamment parce qu'il est plus difficile d'accéder à un emprunt.

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